Activités de l'année 1988
Classification :
930.10 Archéologie, Préhistoire (faits et évènements ; paléontologie, livres scientifiques en 560)
Index des noms présents (non exhaustif) :
ABAD MARCEL (TRESORIER), ABDERREZAK MME. (ADMINISTRATEUR), BAYON RICHARD (PREHISTORIEN, TRESORIER ADJOINT), CADENAT PIERRE (PRÉSIDENT D'HONNEUR), CARCENAC DENISE (SECRÉTAIRE GENERAL ADJOINT), DAMBRICOURT-MALASSÉ ANNE (INSTITUT DE PALEONTOLOGIE HUMAINE), DELPORTE HENRI (CONSERVATEUR MUSÉE DE SAINT GERMAIN, ADMINISTRATEUR), FITTE PAUL (PREHISTORIEN, VICE-PRÉSIDENT), GUICHARD JEAN (CONS. MUSÉE, ADMINISTRATEUR), JOUANEL JEANNE (SECRÉTAIRE LOCAL), LAGORCE GEORGES (SECRÉTAIRE LOCAL), LAVERGNE JEAN PIERRE (SECRÉTAIRE GENERAL), LEFEBVRE PIERRE (DOCTEUR), MARTIN (ADMINISTRATEUR), MAUFRONT MARCEL (PROVISEUR, VICE-PRESIDENT), PATOU MARYLENE (PREHISTORIENNE, ADMINISTRATEUR), PERRIER LUCIEN (ADMINISTRATEUR), RAYNAUD RAYMOND (FOUILLEUR), RODRIGUE ALAIN (ADMINISTRATEUR, PREHISTORIEN), SABAN ROGER (PROFESSEUR), SICARD HENRI (PRÉSIDENT), VALLÉRY CHARLES (DOCTEUR, SECRÉTAIRE GENERAL), YVARD JEAN-CLAUDE (CONS. MUSÉE GRAND PRESSIGNY, ADMINISTRATEUR),
Sommaire :
Première de couverture :
- Photo : Gravures rupestres dans la région de Zagora (Maroc présaharien), foyer rupestre de Tibasksoutine : gazelle ou addax
NOUVEAUX MEMBRES page 4
NÉCROLOGIE page 4
Docteur Jacques BIERI (1931-1988)
LA VIE DE NOTRE SOCIÉTÉ page 5
LES RELATIONS ONTOGÉNIQUES ENTRE LE NEUROCRANE ET LE CORPS MANDIBULAIRE DU PRIMATE PRIMITIF A L'HOMME - ANNE DAMBRICOURT-MALASSÉ page 7
Tout le monde connaît les grands traits évolutifs crâniens du Primate que sont l'augmentation de la capacité crânienne, l'élévation du frontal, la densification du néocortex, l'abaissement du trou occipital, la réduction du prognathisme et la frontalisation des orbites. Si les relations entre l'évolution de la boîte crânienne et celle du cerveau sont, pour certaines d'entre elles, établies depuis longtemps, celles entre le neurocrâne et la face sont encore peu explicites. L'abaissement du trou occipital répond au phénomène de bascule occipitale positive (Delattre et Fenart, 1960). Deux écoles ont tenté d'expliquer l'origine de cette bascule : la première, la plus classique, avec ces mêmes auteurs, rapporte la cause au comportement locomoteur. La seconde défendue par J. Anthony (1952), l'associe au développement des hémisphères cérébraux. Dans un cas comme dans l'autre, la morphogenèse du neurocrâne sous-entend une dynamique, répondant à l'enroulement du système sur lui-même [...]
LES ENFANTS LOUPS - PIERRE LEFEBVRE page 33
On entend par "enfants loups" des enfants qui, plusieurs mois ou plusieurs années après leur disparition, ont été retrouvés à l'état sauvage. Perdus à la période pré linguistique de leur développement, privés précocement de leur environnement humain, leur intelligence est restée fragmentaire et leurs comportements n'ont guère dépassé le stade instinctuel. Ils n'ont pas acquis la fonction du langage. Plutôt que "d'enfants loups", expression empruntée au langage populaire, il est préférable de parler "d'enfants sauvages". Toutefois, on ne saurait faire entrer dans cette catégorie les enfants "de" sauvages, au sens du XVIIe siècle, c'est-à-dire des enfants de sociétés primitives, comme il en existe encore dans les forêts amazoniennes. Ces sociétés, pour aussi élémentaires qu'elles soient, ne manquent pas d'organisation ; elles ont leur mode de vie, leurs relations interhumaines, leurs systèmes de valeur et leurs lois, identiques pour tous les membres de la tribu [...]
NOUVELLES GRAVURES RUPESTRES DANS LA RÉGION DE ZAGORA (MAROC PRE SAHARIEN) - ALAIN RODRIGUE page 43
Après avoir traversé les oasis de Zagora et de Tamgrout, le fleuve Draa s'engage dans la cluse d'ImiN'Takat. Il coupe ainsi le massif du Bani et entame, par un long coude, sa course vers la mer; il ne l'atteint jamais, car il se perd, quelques cent kilomètres au sud-ouest, dans les sables du Mahmid. Avant la cluse d'Imi N'Takat, le Bani forme un impressionnant cirque enserrant la plaine alluviale de Tamgrout. Les grès de l'Ordovicien se dressent abruptement face au Nord (1300 m d'altitude absolue et 680 m de dénivelé avec la plaine elle-même). Vers le sud et le sud-est le Bani s'abaisse en pente plus douce. Au-delà, le Sahara commence. C'est sur une ride gréseuse, le Djebel Tibasksoutine, affleurant en crête parallèle au Bani, que se trouve le petit foyer rupestre jusqu'à maintenant inédit. Ce sont ces gravures que nous présentons ici [...]
UNICITÉ DU RÉSEAU MÉNINGÉ CHEZ L'HOMO SAPIENS - ROGER SABAN page 51
Anne Dambricourt Malassé vient de nous rappeler l'influence mécanique du système nerveux dans la reconstruction du parcours ontogénique du corps mandibulaire des Primates au sein de la morphogenèse céphalique. Deux sortes d'ontogenèses ont ainsi été mises en évidence (Dambricourt Malassé, 1987, 1988): l'une positive, en corrélation avec la plicature de la base du crâne, qui accompagne la déflexion du tube neural; l'autre négative, qui accompagne la différentiation du complexe manducateur. Les critères ainsi définis apportent des arguments permettant d'établir un diagnostic paléontologique des mécanismes développés au cours de l'évolution de l'Homme. Cet ensemble illustre une fois de plus la loi d'Haeckel fondée sur la récapitulation de la phylogénèse au cours de l'ontogenèse. Ainsi, pendant la phylogénèse simienne humanisante, les mécanismes évolutifs font apparaître, dès le genre Homo, deux sortes de tendances opposées : l'une spécialisante qui mène à la forme archaïque par accentuation de l'acquis de l'adulte ayant pour conséquence le blocage du bregma; l'autre évoluante, aboutissant à une nouvelle ontogénie, qui mène à la forme évoluée et permet de définir l'humanisation comme le prolongement de l'ontogénèse positive s'exprimant par un déphasage ontogénique qui intensifie la télencéphalisation [...]
LA MAGIE PRIMITIVE ET L'ÉMERGENCE DE LA CULTURE - HENRI SICARD page 71
Pour bien comprendre ce qu'est la magie, il faut d'abord que nous réfléchissions un peu sur la nature et la signification du rêve. Nous allons l'examiner rapidement sous sa forme la plus simple et la plus pure chez le jeune enfant. C'est une magnifique matinée de printemps. De belles fraises rouges, brillantes, parfumées, jouent à cache-cache sous la verdure du feuillage, elles excitent la convoitise du petit Jean-Marie, trois ans, qui va se précipiter, quand retentit la voix de sa mère : "Ah non! mon chéri, il ne faut pas les cueillir, elles ne sont pas assez mûres...". La nuit suivante, Jean-Marie se rattrape: il marche au milieu d'un champ de fraises et il en mange à satiété [...]
TABLE DES MATIÈRES page 83